Treizième station

Jésus est descendu de la croix

Lecture

Pour éviter que les corps ne restent sur la croix durant le sabbat, les Juifs demandèrent à Pilate qu’on leur brisât les jambes et qu’on enlevât les corps. Les soldats vinrent donc et brisèrent les jambes. Arrivés à Jésus, ils le trouvèrent mort ; ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais l’un des soldats, de sa lance, lui perça le côté} et aussitôt il sortit du sang et de l’eau.
Joseph d’Arimathie, qui était disciple de Jésus, demanda à Pilate l’autorisation d’enlever le corps de Jésus. Pilate le permit. Ils vinrent donc l’enlever. (Jn 19, 31-38)


Méditation

Sur cette terre désolée, trois corps inanimés pendent encore sur leur croix. Leur vie appartient déjà au passé, ces hommes ne sont plus.

Parmi eux, ce Jésus de Nazareth qui a tant fait parler de lui.

Comment est-ce possible ? Un homme qui n’a répandu que le bien, un homme qui n’a cherché qu’à rendre les gens heureux. Comment est-ce possible qu’il soit mort, tué par son propre peuple ?

Pourquoi l’avoir tué ? Qu’a-t-il fait de mal si ce n’est le bien ? Méritait-il la mort parce qu’il avait guéri les malades, parce qu’il s’était penché sur la misère des autres ?

L’a-t-on mis à mort parce qu’il bousculait la vision des choses, parce qu’il osait enfreindre le sabbat au profit des plus pauvres ?

On l’a supprimé parce qu’il disait la vérité, parce qu’il affirmait qu’il était le Fils de Dieu. On l’a pendu à la croix en raison de son amour infini pour les hommes...

Et maintenant, il n’y a plus rien à attendre.

Le Messie triomphant est devenu un corps sans vie. L’espérance du Royaume promis s’est éteinte avec le dernier souffle de cet homme.

Marie attend, au pied de la croix. Elle est triste, son cœur est transpercé... Le fils qu’elle aimait est là, étendu mort sur la croix, inanimé. Son bien le plus cher, ce bien confié à elle par Dieu lui-même, n’est plus qu’un cadavre. De son côté ouvert, il ne sort plus rien.

Marie reçoit, au pied de la croix. Elle est seule, son cœur est brisé... Ce Fils de Dieu, mort, son propre fils, sans vie, repose dans ses bras. Ce n’est plus l’enfant qui faisait sa joie, ce n’est plus l’enfant qu’étaient venus adorer les mages ; non, c’est ce corps flasque, froid. Comment y reconnaître son Fils chassant les démons, comment y reconnaître le Maître de ses disciples, comment y reconnaître le Serviteur de tous ?

Marie regarde, au pied de la croix. Elle est sereine, son cœur est confiant... Dieu ne peut abandonner son propre Fils, Dieu ne peut laisser son œuvre inachevée. Ce Fils mort est toujours celui qu’elle aime, celui qu’elle veut suivre.

Marie contemple, au pied de la croix. Elle est mère, son cœur déborde... Chaque homme meurt pour revivre, chaque homme qui souffre est son propre Fils, chaque femme est son propre Fils. Elle porte chacun comme son Fils.


Marie, donne-moi de savoir attendre le Christ, de recevoir chaque homme comme mon frère, de regarder chaque personne comme celle que Dieu me confie pour F aimer, de contempler en tout homme le Christ crucifié, le Christ descendu de la croix, le Christ rejeté, le Christ à qui tu as donné pour toujours ta confiance.


Mgr Jean-Michel di Falco Léandri
Évêque de Gap et d’Embrun