Quatrième station

Jésus rencontre sa mère

Lecture

Or, près de la croix de Jésus se tenait Marie, sa mère. Jésus donc voyant sa mère et, se tenant près d’elle, le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Dès cette heure-là, le disciple l’accueillit chez lui. (Jn 19, 25-27)

Quant à Marie, elle gardait tous ces événements et les méditait dans son cœur. (Lc 2, 51)


Méditation

L’ange dit à Marie :

« Tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé le Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père. Il régnera pour toujours sur la famille de Jacob et son règne n’aura pas de fin » (Lc 1, 31-33).

« Celui qui va naître sera saint et sera appelé Fils de Dieu » (Lc 1, 35).

Tous ces mots bourdonnent sans doute dans la tête de Marie.

Elle ne cesse de se les répéter, répéter encore, répéter toujours.

C’est ainsi, dans les moments de doute, d’épreuve et d’angoisse, on aime à se redire, comme pour se rassurer, les paroles entendues aux temps heureux. Il y a bien la phrase du vieillard Siméon qui revient, elle aussi, lancinante, à sa mémoire : « Toi-même, un glaive te transpercera le cœur », mais elle préfère ancrer son espérance dans les promesses de l’ange dont certaines déjà se sont réalisées.

Comment pourrait-elle oublier ces moments d’intense joie : celle de la naissance de son fils Jésus, entouré des bergers, honoré par les mages. Celle des retrouvailles dans le Temple après des heures de recherche. Celle de l’heureuse surprise offerte aux invités aux noces de Cana.

Comment pourrait-elle chasser de sa mémoire les larmes de joie de Marthe et Marie après la résurrection de leur frère Lazare ? Et Marie Madeleine, rayonnante du pardon de ses péchés par Jésus.

Tous ces événements, elle les médite dans son cœur.

Elle est là, parmi la foule, elle avance au pas de son fils, comme elle l’a fait tout au long de sa vie. Elle marche à ses côtés, discrète, le corps meurtri des blessures de son enfant, elle suit, l’épaule brisée par le poids de la croix. Car elle aussi, elle porte la croix.

Elle aimerait tant s’approcher de son fils bien aimé, panser ses plaies^ croiser une fois encore son regard, le prendre dans ses bras comme autrefois, lorsqu’il était enfant et qu’il venait chercher du réconfort au creux de son épaule.

Ah, que sont-elles devenues toutes les belles promesses ! Où est-il donc le trône de David sur lequel devait siéger son fils ? Où sont-ils donc passés tous ces lâches, ces menteurs, ces faux amis ?

Marie est seule comme Jésus est seul. Seule, comme chacun de nous. Et cependant, jusqu’au bout, Marie aime et Marie croit.


Marie, Mère et Reine de toute espérance, donne-moi ta force, donne-moi ta foi, donne-moi d’espérer comme toi, quand tout autour de moi n’est que désespérance.

Donne-moi de témoigner que rien n’est jamais perdu même s’il nous est difficile d’accepter que l’unique chemin qui conduise à la Résurrection soit celui de la Croix.


Mgr Jean-Michel di Falco Léandri
Évêque de Gap et d’Embrun