Neuvième station

Jésus tombe pour la troisième fois

Lecture

Jésus dit à ses disciples : « Mon âme est triste à en mourir ; demeurez ici et veillez avec moi. » S’étant éloigné un peu plus loin, il tombe la face contre terre en faisant cette prière : « Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux. » Il revient et trouve ses disciples endormis. Il dit à Pierre : « Ainsi, vous n ‘avez pas eu la force de veiller une heure avec moi ! Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation : l’esprit est ardent, mais la chair est faible. » À nouveau, pour la deuxième fois, il s’en va prier. Il les trouve à nouveau en train de dormir. Il s’en va de nouveau prier une troisième fois, répétant les mêmes paroles. Alors il vient vers les disciples et leur dit : « ... Levez-vous, celui qui me livre est tout proche ! » (Mt 26, 38-44)


Méditation

Trois fois, trois fois, les disciples se sont endormis !

Trois fois, Pierre a prétendu qu’il ne te connaissait pas !

Trois fois, le coq a chanté et Pierre s’est effondré en larmes !

Trois fois, tu es tombé. Trois fois, je ne crois pas que ce soit un hasard.

C’est sous le poids des reniements et pour les racheter que par trois fois tu as flanché.

Oui, Pierre t’a renié en prononçant mot à mot cette terrible phrase : « Je ne connais pas cet homme. » Pourtant, peu de temps avant, il avait prétendu : « quand bien même les autres t’abandonneraient, moi, je ne t’abandonnerai jamais ! » Quelle vanité !

« Je ne connais pas cet homme. » Cela ne me concerne pas, Seigneur, moi, je n’ai jamais prononcé une telle phrase. Moi, te trahir ? Comme je sais que tu m’aimes, jamais je ne pourrai t’abandonner. Enfin... pour être vrai avec toi, je dois reconnaître que si je n’ai jamais laissé ces mots franchir la barrière de mes lèvres, certains de mes actes t’ont, eux, renié.

Chaque fois que je renonce aux exigences de mon attachement à ton Père, que j’oublie « mes professions de foi » pour laisser l’égoïsme m’envahir, je dis moi aussi :

« Je ne connais pas cet homme. »

Chaque fois que j’ai peur de me compromettre, de compromettre ma réputation, pour dénoncer une injustice, pour prendre la défense des petits et des faibles, je dis moi aussi :

« Je ne connais pas cet homme. »

Chaque fois que je rejette les autres à cause de leur différence, que je m’enferme dans mes silences coupables, je dis moi aussi :

« Je ne connais pas cet homme. »

Oui, Seigneur, si je comptais mes propres reniements, les doigts de mes deux mains ne suffiraient pas. Cependant, je le sais, tu me demandes, après chacune de mes chutes, chacun de mes reniements, de me relever et d’avancer sans peur. Que de fois tu as prononcé toi-même ce mot :

« Confiance, c’est moi, n’ayez pas peur. »


Seigneur, puisque je te sais à mes côtés, je veux bien essayer de me mettre debout et d’avancer sans peur ; lorsque je ne serai plus capable de marcher, tu seras là pour me porter.

Oui Seigneur, je t’aime.

Oui Seigneur, je t’aime.

Seigneur, tu sais bien que je t’aime.


Mgr Jean-Michel di Falco Léandri
Évêque de Gap et d’Embrun